Nouvelles muses, films anciens, et Marc Jacobs tel que seule Sofia Coppola peut le capturer.
Est-il possible de comprendre une personne à travers sa garde-robe ? Et est-il possible de tomber amoureux d’elle simplement à cause de la façon dont elle s’habille ? Le documentaire Marc by Sofia pose précisément ces questions. Réalisé en collaboration entre Sofia Coppola et Marc Jacobs, il suit la création de sa collection automne/hiver 2024 — un défilé qui ressemblait à une procession mélancolique de poupées brisées et, en même temps, à l’un des moments de mode les plus puissants de la saison.
Sofia Coppola ne propose pas ici un portrait classique du créateur. Elle assemble plutôt une collection atmosphérique d’images, de souvenirs et de détails à travers lesquels se déploie l’univers créatif de Jacobs. Ils parlent de cinéma, de beauté, de souvenirs de mode, mais aussi de sa grand-mère, du mascara, ou encore de la manière dont une légende bien entretenue peut jouer un rôle majeur dans une carrière. Et c’est précisément dans ces petits aperçus que le documentaire devient le plus intéressant. Voici dix moments qui méritent d’être retenus.
1. Ce n’est pas seulement un documentaire de mode, mais aussi une déclaration d’amour au cinéma
Marc by Sofia est imprégné de références cinématographiques. Des comédies musicales classiques et des univers féminins stylisés y apparaissent, de Funny Girl à All That Jazz, de Hello, Dolly! à Les Larmes amères de Petra von Kant. D’ailleurs, Hello, Dolly! fut le premier film que Marc Jacobs a vu au cinéma. Elizabeth Taylor plane au-dessus du documentaire presque comme une figure spirituelle, et à un moment donné, Jacobs prononce une phrase qui pourrait servir de clé à l’ensemble du film : « Tous les chemins mènent à Liz ! » Pour la collection automne/hiver 2024, cette imagination cinématographique se traduit par des coiffures volumineuses, sombres et imposantes, créées en superposant des perruques les unes sur les autres.
2. La collection grunge n’était pas la raison de son départ de Perry Ellis
L’histoire de la mode aime répéter que Marc Jacobs a été renvoyé après sa désormais légendaire collection grunge pour Perry Ellis en 1993. Mais le documentaire corrige doucement cette version séduisante. Jacobs admet que ce n’est pas entièrement vrai. C’était simplement la version de l’histoire qu’il préférait. En réalité, il réfléchissait déjà à ses prochaines étapes à cette époque. En même temps, il comprenait parfaitement la valeur marketing d’un certain chaos maîtrisé. Et c’est précisément ce que Marc Jacobs maîtrise depuis des décennies.
3. Après la collection grunge, il avait peur des personnes qu’il admirait
Courtney Love aurait brûlé les pièces de la collection grunge que Marc lui avait envoyées. Et même si cela est devenu par la suite presque une légende de mode, Jacobs admet que sa réaction l’a marqué à l’époque. Lorsque Kim Gordon de Sonic Youth l’a contacté plus tard pour une éventuelle collaboration sur un clip vidéo, il a complètement paniqué. Dans le documentaire, il explique qu’il a peur des personnes qu’il admire et qu’il ne voulait pas devenir la cible de leurs moqueries. Comme on le sait, cela n’est pas arrivé. Le clip Sugar Kane est aujourd’hui un classique, et Kim Gordon et Marc Jacobs sont devenus amis.
4. Le documentaire présente la nouvelle muse de Jacobs
L’un des visages les plus intéressants du film est Delilah Koch, mannequin d’essayage de Marc Jacobs et l’un des visages de son parfum Perfect. Elle est souvent la première à essayer les nouveaux modèles, testant les silhouettes, les bas et les couleurs de vernis à ongles. Elle apparaît très posée dans le documentaire. Elle s’inscrit ainsi dans la longue lignée des muses de Jacobs, qui inclut notamment Dakota Fanning et Rachel Feinstein. Au-delà de la mode, Delilah est également une militante engagée pour la santé mentale et la prévention du suicide.
5. Son premier modèle de beauté était sa propre mère
L’un des souvenirs les plus touchants du documentaire concerne la mère de Jacobs. Marc raconte comment, enfant, il la regardait se préparer pour ses rendez-vous. À un moment donné, elle grattait du velours noir avec un couteau et l’ajoutait à son mascara pour rendre ses cils plus épais et plus dramatiques. Jacobs en était fasciné. C’est à ce moment-là, dit-il, que l’idée a commencé à naître que la beauté est une manière de créer la personne que l’on veut être à cet instant précis. Cette fascination ne l’a jamais quitté.
6. Sa grand-mère Helen a tricoté ses premiers prototypes
Dans le documentaire, Marc Jacobs rend à plusieurs reprises hommage à sa grand-mère Helen, qui lui a appris non seulement à aimer les belles choses, mais aussi à comprendre les règles implicites du style.
7. Les contrefaçons peuvent parfois accélérer le succès
En travaillant chez Louis Vuitton, Marc Jacobs a compris que pour changer quelque chose et le rendre intéressant, il fallait d’abord le perturber légèrement.
8. Même Marc Jacobs est nerveux avant un défilé
Juste avant la présentation de sa collection automne/hiver 2024, il admet qu’il devient très nerveux.
9. C’est en coulisses que l’on voit vraiment quel type de créateur il est
Certaines des scènes les plus puissantes se déroulent backstage.
10. Sofia Coppola et Marc Jacobs nous rappellent que la créativité a besoin de distance
Le documentaire montre que la créativité naît souvent du fait de laisser les choses se faire.