Voici comment les masques Instagram ont modifié notre perception de la beauté.
À l’ère numérique actuelle, l’essor d’Instagram et de sa multitude de masques et filtres modifiant le visage a profondément influencé la perception de la beauté, tant chez les aspirants mannequins que chez les professionnels expérimentés. Ce qui a commencé comme des améliorations ludiques sur Snapchat s’est rapidement propagé sur Instagram en 2017, où développeurs, artistes 3D et influenceurs ont créé des effets lissant la peau, agrandissant les yeux, affinant le nez et sublimant les traits, imitant ainsi les modifications cosmétiques. Ces outils étaient initialement perçus comme créatifs et amusants, mais avec le temps, ils ont contribué à un idéal esthétique de plus en plus restreint, donnant naissance au « visage Instagram » — un look homogénéisé avec des traits symétriques, des lèvres pulpeuses et une peau parfaite, que de nombreux utilisateurs et agences de mannequins considèrent aujourd’hui comme un standard irréaliste d’attractivité.

Pour l’industrie du mannequinat — des top models aux talents signés dans des agences spécialisées — ce changement a des implications significatives. Le mannequinat traditionnel a toujours équilibré beauté naturelle et interprétation artistique, mais les filtres sur les réseaux sociaux favorisent souvent un standard digitalement parfait plutôt qu’authentiquement humain. Avec des plateformes comme Instagram popularisant ces normes de beauté déformées, les utilisateurs ordinaires se comparent de plus en plus à ces images retouchées, voyant parfois les visages non filtrés comme inférieurs ou incomplets. Ce phénomène rejoint ce que les chercheurs appellent la « dysmorphie Snapchat », où des personnes recherchent des interventions cosmétiques pour ressembler à leurs versions filtrées, illustrant un fossé croissant entre les traits réels et les idéaux numériques.

Les agences de mannequins se retrouvent désormais à naviguer dans un univers où clients et talents sont influencés par ces standards numériques. Les aspirants mannequins peuvent se présenter aux castings en pensant que le succès signifie se conformer à un look uniforme plutôt que d’affirmer leur individualité — un changement qui risque de réduire la diversité de la beauté représentée dans les campagnes et sur les podiums. Les agences respectables doivent contrebalancer ces pressions en célébrant les traits naturels distinctifs et en encourageant les talents à embrasser l’authenticité comme partie intégrante de leur marque personnelle. La diversité — des traits faciaux uniques aux différents types de corps — enrichit non seulement la mode et la publicité, mais répond également à l’appel croissant pour une représentation plus réaliste et inclusive.

Les mesures récentes d’Instagram visant à interdire certains des masques les plus extrêmes modifiant le visage, en particulier ceux simulant la chirurgie plastique, montrent une prise de conscience des effets potentiellement néfastes de ces outils sur le bien-être psychologique et l’image de soi des utilisateurs. Bien que le calendrier et l’impact total de ces politiques restent incertains, leur introduction ouvre une discussion plus large sur le rôle des réseaux sociaux dans la définition des idéaux de beauté et sur la responsabilité des agences et mannequins de promouvoir des standards plus sains et authentiques.

En fin de compte, à mesure que les filtres et masques évoluent, le monde du mannequinat — des modèles individuels aux agences internationales — doit s’engager de manière critique avec ces normes changeantes, conciliant expression digitale et diversité réelle, confiance en soi et acceptation de soi. Cela permet à l’industrie de redéfinir les standards de beauté pour refléter la véritable individualité et d’aider chacun à percevoir la beauté au‑delà des pixels parfaits de l’écran.
March 12, 2024